An 58 de notre ère. Rome, l'impérieuse cité, étend son pouvoir sur le monde. À sa tête, l'empereur Néron. Les rumeurs les plus audacieuses sont colportées dans son sillage. On murmure qu'il aurait ordonné l'empoisonnement de Britannicus, son demi-frère. On murmure aussi qu'Agrippine, sa mère, serait prête à tout pour rentrer en grâce auprès de son fils. Et même, avancent certains, à lui ouvrir sa couche... Néron, lui, pense surtout à Acté, la belle prostituée qu'il a arrachée à Pallas, l'affranchi grec favori de sa mère. En marge de ces destins de puissants, d'autres vies poursuivent leur cours bien souvent tumultueux. Comme celle de Murena, héros de cette série historique où se mêlent le souffle de l'épopée et le tragique du quotidien. Néron l'a pardonné et se dit prêt à le voir rentrer à Rome. Mais Murena n'a pas oublié : il demande à Néron de lui accorder la tête de Draxus, celui qui assassina sa mère. C'est l'occasion que choisit Néron pour imaginer un plan qui le mettra définitivement à l'abri des machinations machiavéliques de sa mère...
Ce quatrième volet marque l'achèvement du premier cycle de Murena, baptisé Le Cycle de la mère. Le second est d'ores et déjà programmé : il s'appellera Le Cycle de l'épouse. En quatrième de couverture, les auteurs citent Sénèque : "La vie n'est qu'une pièce de théâtre. Ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps mais qu'elle soit bien jouée". Dans Murena, la vie prend plus volontiers les couleurs de la tragédie – antique, comme il se doit. Les jeux et les enjeux de pouvoir font peu de cas des trajectoires individuelles. Ici, le lecteur est bien loin des aventures d'Alix : la cruauté, la perversité, les ambitions dévorantes et la violence constituent le quotidien des protagonistes. Avec suffisamment de réalisme pour faire dire à Michael Green, professeur d'histoire au King's College d'Oxford et "conseiller historique" sur le film Gladiator, que la série représente "la meilleure fresque historique" qu'il ait lue. Beau compliment. Une fresque historique qui, selon lui, n'est peut-être pas si éloignée de nous : à l'en croire, elle met en scène une "humanité affolée si semblable à la nôtre". Une leçon d'histoire à méditer... —Gilbert Jacques